NOIX

FERME DE L’ENCLOS
Philippe Vivier
38160 Saint Antoine l’Abbaye

Sur notre ferme familiale, située en coteaux face au Vercors, sur les communes de Saint-Antoine-l’Abbaye et Saint-Appolinard, nous produisons en bio certifié, historiquement des noix, mais aussi des fraises, des céréales, des fourrages afin de favoriser les rotations et échanger avec des éleveurs voisins contre du fumier. Mes parents avaient une exploitation en polyculture élevage (lait, noix, tabac, céréales), en conventionnel extensif, typique du terroir dauphinois. La plus importante sécheresse survenue dans la région, en 2003, avec le dépérissement des nombreux noyers m’a fait prendre conscience de l’importance d’un système d’irrigation pour la survie de mes arbres. De plus, j’ai mis en place des essais de variétés autres que FRANQUETTE (FERNOR en 2004, CHANDLER en 2009) pour augmenter la diversité et ainsi limiter les risques liés aux aléas climatiques croissants de plus en plus imprévisibles. La variété FERNOR, développée par INRA fait des arbres de plus petit gabarit, plus adapté aux épisodes venteux, courants dans les coteaux.

En 2024, le nouveau réseau d’irrigation collectif (3000ha/5 communes) alimenté par la rivière
ISÈRE va me permettre de faire face aux besoins en eau croissants des plantes.
De plus, je travaille activement à l’amélioration des sols selon les principes de l’AGRICULTURE DE CONSERVATION par la mise en place des engrais verts (une vingtaine de variétés en grande partie autoproduites qui contribuent également au maintien de la biodiversité et à l’alimentation des pollinisateurs). J’utilise des extraits de plantes (macération ou décoctions : purin d’ortie, consoude fougère, prèle) et pratique le blanchissement des arbres de petit gabarit par application en pulvérisation d’argile blanche.
Les ravageurs sont maîtrisés par des techniques innovantes telles que la confusion sexuelle et la destruction des couverts végétaux par roulage. Cette année, la mise en place des semis de VESCE VELUE au pied des noyers a permis le maintien d’un couvert végétal dense tout en freinant la croissance de plantes indésirables. Nous avons pu ainsi limiter les interventions mécaniques.
Nos fraises bio étant en vente direct (autocueillette), nous apprécions particulièrement ce
système en raison du contact direct avec le consomm’acteur. Le marché des noix étant hyper
mondialisé (USA, Chili, Australie, Europe de l’Est…), nous sommes soumis à des contraintes
économiques totalement subies. La commercialisation via des systèmes comme les AMAP nous permet de vendre notre production à des prix abordables et réguliers et ainsi pérenniser notre ferme familiale.